Le SOE à Marseille: Le réseau MONK


La présence d’agents du SOE et leur contribution à la Résistance est commémorée à Marseille par une large plaque au n° 8 de la rue Mérentié dans le 5ème arrondissement. Elle est en l’honneur de trois membres d’un des réseaux « Buckmaster » (section F) du SOE, le réseau MONK. L’une d’entre eux, ELIANE PLEWMAN née Browne, était une belle et exubérante jeune anglaise, née et élevée à Marseille où elle revint en août 1943 en tant que messagère pour MONK, dirigé par Charles Skepper et dont l’opérateur radio était Arthur Steele.


Le réseau fut dénoncé et ils furent tous trois arrêtés en mars 1944. Après 3 semaines d’interrogatoire mené par la Gestapo au 425, rue Paradis, on les emprisonna près de Paris. Le 13 mai, Eliane et sept autres femmes appartenant au SOE, dont Odette, furent déportées à Dachau; elle y fut exécutée en septembre. Skepper et Steele moururent à Buchenwald.

(texte & photos AFL/CH)

L’histoire du frère d’Eliane n’est pas plus souvent racontée. Laissons à Jean CONTRUCCI, journaliste, écrivain et historien marseillais le soin de le présenter:


Albert James BROWNE BARTROLI, (1915-1967) @ TIBURCE

Albert Browne Bartroli né à Marseille en 1915 était le grand frère d’Eliane Plewman. D’octobre 1943 à la Libération, il dirigea le réseau DITCHER, implanté dans la région de Cluny (Saône-et-Loire), sous la fausse identité de Lucien Vernanchet. Parfaitement bilingue, comme sa sœur Eliane, il revint brièvement dans sa ville natale pour offrir – avec l’aide des saboteurs du réseau MONK - un « feu d’artifice » à l’Occupant dans la nuit du Nouvel An 1944: trente-cinq locomotives détruites à l’explosif dans le dépôt d’Aubagne (Bouches-du-Rhône).

Le Flight Captain Browne Bartroli organisa également le plus grand parachutage d’armes en plein jour (35 B17 y participèrent) jamais réalisé en France durant toute la Seconde Guerre Mondiale, pour célébrer le 14 juillet 1944. L'USAF avait eu l’attention délicate de prévoir des parachutes tricolores aux couleurs françaises.

Plus heureux que sa petite sœur, Albert connut la fin du conflit mondial et poursuivit une carrière dans la RAF avant de retrouver la vie civile.

L’esprit de résistance n’était pas un vain mot chez les Browne Bartroli.


Page du journal d'Albert
(texte: J Contrucci pour l’AFL. Photos: famille Browne Bartroli)

© CH 2012

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